Ni Amish, ni aveugles : une autre voix pour le numérique [#5G]

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Si la réalité du dérèglement climatique est largement admise en France, la conscience de l’ampleur des changements à opérer pèche encore. La somme d’éco-gestes quotidiens des 65 millions de Français est nécessaire, mais ne suffira pas à mettre la France sur la trajectoire d’un climat stabilisé.

C’est donc en tant que professionnel·le·s que nous souhaitons parler et agir, afin de peser collectivement sur le système socio-économique qui détermine le poids carbone de nos vies.

La crise climatique et la crise économique sont telles que nous devons, en tant que société, allouer nos forces en priorité vers les services essentiels d’une part, et la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre d’autre part. Ces 2 tâches doivent être menées de concert, et il n’est pas moins urgent de mobiliser nos meilleurs talents sociaux pour nous entendre sur la définition de ce qui est “essentiel.”

Le numérique veut, et peut, être une force de progrès utile pour ces 2 tâches. Mais, la récente polémique autour du déploiement de la 5G cache le fond du débat qui nous intéresse ici : l’impact écologique de la 5G. Dans ce contexte, nous souhaitons, à l’instar du parti pirate, calmer et élever le débat.

En tant qu’innovation technologique, la 5G peut permettre tout aussi bien de “faire plus avec moins”, que de “faire plus avec plus”.

C’est du moins ce que l’on souhaite. Mais, pour ne pas faire l’inverse, il ne suffit pas de le dire. C’est pourquoi nous exhortons les élu·e·s, les autorités compétentes et les professionnel·le·s du secteur à :

  • Sortir des postures publiques et médiatiques, et prendre le temps d’un échange collectif apaisé pour comprendre les motivations des opposants et des défenseurs de la 5G. → Créer de la cohésion
  • Explorer plusieurs plans de déploiement possibles de la 5G, en étudiant notamment : la possibilité de déployer localement plutôt qu’à l’échelle nationale, la mutualisation de l’équipement pour l’ensemble des opérateurs, la complémentarité de la 5G avec les réseaux wifi ou fibre dans les établissements recevant du public, la mise en œuvre d’un plan de maintenance pour allonger radicalement la durée des équipements, l’optimisation du parc d’antennes, les incitations pour augmenter la rétrocompatibilité des divers équipements et standards. → Mettre en œuvre la sobriété
  • Lancer en parallèle des travaux sur l’éducation à la sobriété numérique et sur la régulation des usages, en ciblant en priorité les éditeurs de service et les fournisseurs de réseau. → Réguler les usages
  • Lancer des groupes de réflexion et action décentralisés sur le rôle du numérique dans la transition écologique, en faisant dialoguer divers acteurs : télécoms et infrastructures, tech et internet (designers, développeurs), régulateurs, usagers… → Désiloiser, impliquer, décentraliser.
  • Réglementer la standardisation et la publication des informations concernant l’empreinte écologique des services d’infrastructure numérique — serveurs, câbles, antennes… → Rendre lisible l’empreinte écologique du numérique
  • Mobiliser les spécialistes des réseaux pour décrypter les enjeux techniques avec le plus grand nombre, et en particulier avec les élus et le gouvernement — condition nécessaire à un débat de fond. Les débats à l’Assemblée nationale peinent en effet à s’élever au-delà de prises de position dogmatiques “pour” ou “contre”. → Rendre possible la prise de décision éclairée

Il ne s’agit donc pas de s’opposer frontalement à la 5G. Les demandes de moratoire sont légitimes. Elles sont une invitation à prendre le temps de mieux faire, et d’enclencher ces actions.

Plus d’un siècle de course à celui qui ira plus vite et plus loin nous a mené dans l’anthropocène, une époque géologique marquée au fer blanc par l’activité de l’homme, et caractérisée par la mise en péril de ses propres conditions de vie sur terre. Pour continuer à jouer, ou simplement continuer à vivre, il faut désormais intégrer la contrainte écologique et sociale dans toutes nos réflexions.

Cela ne constitue ni un retour en arrière, ni un muselage de nos capacités. Ce n’est qu’une redéfinition plus fidèle des données du problème, qui stimulera autant la créativité des ingénieurs et des entrepreneurs que la recherche de croissance sans limite.

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Adèle Soullier, E-commerce et marketing manager chez En Cavale (edtech) — 4 collaborateurs ; ex-Partnerships Manager chez Google France

Adrien Destrez, Fondateur de Magelan.tech (conseil environnement) — 2 collaborateurs

Alexandre Humeau, Head of product chez Lodgify (tourisme/tech)

Alexandre Meyer, ex-Platforms Partner Manager chez Google France

Amélie Séguret, ex-VP marketing chez BlaBlaCar (travel/tech)

Anne Benrikhi, Marketing responsable chez Orange (télécom)

Antoine Asfar, Co-fondateur de Nu (foodtech) — 7 employés

Antoine Ganancia, Partner chez Clipperton (finance/tech) — 35 employés

Arnaud Bouffard, Co-fondateur d’Ecov (mobilité/tech) — 50 employés

Arnaud Lelache, PDG d’Agence Française Informatique (éditeur de logiciels) — 90 employés

Arnaud Lévy, Directeur associé des Poupées russes (luxe/digital) — 14 employés

Arnaud Massonnie, Founding partner de fifty-five (data consulting) — 300 employés ; et CEO de LILI (edtech) — 10 collaborateurs

Aurélien Deragne, Développeur ; co-créateur de la Fresque du Numérique

Aurélien Verleyen, CEO de Dataswati (IA/foodtech) — 12 employés

Benjamin Alliguié, Head of growth chez Datadome (cybersécurité)

Benjamin Retourné, Head of product chez Blablacar (travel/tech)

Benoît Durand, Pilote du groupe de travail Sustainable Tech chez Wavestone (transformation digitale)

Camille Cosnefroy, CEO de Work4 (RH/tech) — 30 employés

Charles Vahanian, Head of product management chez Getaround (mobilité/tech)

Clément Pinon, Senior product manager chez Doctolib (santé/tech)

Damien Detcherry, Senior product manager chez Ambler (santé/tech)

Dimitri Carbonelle, Président de Livosphère (agence conseil en innovation)

Edouard Remise, ex-Head of Sales chez Toucantoco (dataviz)

Franck Vu Hong, Fondateur d’Aepsilon (conseil et services numériques) — 40 employés

Frédéric Bardeau, Co-fondateur et président de Simplon.co (edtech, “Grande école du numérique”) — 4000 personnes formées par an

Frédéric Giuli, Dirigeant de Caristeo ; ex-Head of Management Consulting for Comms, Media, Technology and Aerospace chez Accenture France

Gilles Genin, PDG d’Ingetel-bet (IT écoresponsable) — 8 employés

Gregor Chanéac, Président de Leadeven (conseil/industrie)

Hippolyte Martin, Business Operations chez Amazon web services (cloud)

Jean-Philippe Decka, Co-fondateur de PocketWhale (agence de marketing jeux vidéo)

Jonathan Dumont, CEO de Warming Up et Culture G (agences de marketing jeux vidéo & tech) — 40 employés

Jonathan Lévy, Head of product chez Lifeaz (medical/tech)

Julie Schwarz, Directrice fondatrice d’Econovia (communication responsable) — 8 employés

Julien Geffroy, Chargé de mission auprès du DGA de BPIfrance

Lan Anh Vu Hong, ex-Marketing manager chez fifty-five (data consulting)

Laurent Barbezieux, Co-fondateur d’Aktio (tech/comptabilité carbone) — 3 collaborateurs ; ex-consultant en stratégie chez A.T. Kearney

Loïc Simon, Fondateur de #SocialSellingForum (social media commerce)

Lou Welgryn, Présidente de Data for Good et Data analyst chez Getaround (mobilité/tech)

Lucas Bouldoires, Fondateur de Maggle (agence de motion design)

Lucas Lefebvre, Co-fondateur de La Fourche (food/tech) — 70 employés

Ludovic Le Moan, CEO et co-fondateur de Sigfox (objets connectés) — 400 collaborateurs

Magali Eglinger, DRH de Mister auto (auto/e-commerce) — 160 employés

Martin Daniel, Data scientist lead chez Airbnb (tourisme/tech)

Mats Carduner, Co-fondateur et président de fifty-five (data consulting) — 300 employés

Mélanie Viala, Directrice générale de l’École supérieure du digital (enseignement supérieur /numérique)— 50 employés

Monelle Barthélémy, Directrice des opérations chez Jam (data/études) — 10 employés

Nicolas Benady, CEO de Swan (fintech) — 15 employés

Olivier Berthelier, Founding partner et DSI de Limonetik (fintech) — 45 employés

Oliver Renaud, Président d’Easyteam (data/cloud) — 130 employés

Pierre de Gourcy, Head of product chez The Brane (knowledge graphs) ; co-fondateur de Printemps écologique (syndicat/écologie)

Pierre Paquot, Président de Telecoop (télécom) — 2 employés

Raphaël Fétique, Directeur associé de Converteo (data consulting) — 200 employés

Vinh Vu Hong, Directeur des partenariats stratégiques chez Amazon Web Services, Australie et Nouvelle Zélande (cloud/technologie)

Et aussi :

Alexandre Gault, ingénieur chez Smovengo (mobilité douce) ; Arthur Grimonpont, ingénieur-chercheur à l’Université de Lyon (système alimentaire) ; David Bol, Professeur et directeur de recherche à l’Université catholique de Louvain ; Dominique Lafficher, Chef de projet chez ICAM (école d’ingénieur) ; Florence Devesa, management éditorial chez FYP éditions ; Florian Faribault, coach agile chez Niji (transformation numérique) ; Guillaume Collard, apprenti ingénieur cyberdéfense et sécurité chez Astek (services nulmériques) ; Gustave Coste, ingénieur de recherche et data manager chez INRAE, pôle ELSA (recherche en évaluation environnementale) ; Julien Vedani, Consultant en actuariat chez Milliman (assurance/data science) et chercheur associé à Lyon 1 ; Julien Wilhelm, développeur et consultant en sobriété numérique ; Matthias Guyot, Référent du service développement numérique et réseau de Choisy le Roy ; Patrick Beaudelot, Directeur d’administration de la COCOF (éducation) ; Robin Abs, ingénieur R&D en data science chez Deepki (efficacité énergétique) ; Thibault Molinero, Ingénieur en micro-électronique numérique chez ARM (high tech)…

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Pour aller plus loin : “synthèse” des sessions de discussion informelles

Introduction et contexte

Entre août et début septembre 2020, nous avons mené une demi-douzaine de discussions en ligne (entre 1h et 3h) avec des acteurs venus des télécoms et du web principalement.

Le but était de discuter de la pertinence de déployer la 5G dans un contexte d’urgence climatique. Chacun·e était invité·e à écouter, s’exprimer et débattre en petit comité et à l’écart des postures médiatiques. Voici une synthèse des questions abordées pendant ces sessions.

Qui a participé aux discussions ?

Des participant·e·s issus de nombreux secteurs : télécoms, infrastructures réseaux, foodtech, fintech, mobilité, banque d’investissement spécialisée dans la tech, développement informatique, cabinet de conseil, formation en développement, agence digitale…

La plupart sont venus curieux, surtout pour écouter et pouvoir se faire une opinion. Le manque de connaissance technique , comme des enjeux écologiques est un frein à la prise de position confiante :

  • Qu’est-ce que la 5G ? Comment peut-elle être déployée ?
  • Quelles actions sont nécessaires pour la transition climatique de la part du monde économique ? des individus ? de l’Etat ?
  • Quels objectifs chiffrés de réduction des émissions ? Pour qui ? Comment mesurer les émissions du numérique ? de la 5G ?

Considérations techniques : de quoi parle-t-on ?

La 5G n’est “que” une nouvelle norme de protocole de communications sans fil. Elle permet de gagner en efficacité énergétique au niveau des équipements et de bénéficier de débits significativement plus importants.

  • À débit égal (quantité de bits transmise), la 5G consomme moins que la 4G.
  • Elle automatise la mise en veille des cellules radio, lorsqu’aucun utilisateur ne l’emploie pour communiquer.
  • Exposition aux ondes : les faisceaux radio 5G sont directionnels et non plus omni-directionnels comme les 3G/4G, ce qui génère théoriquement moins d’exposition aux ondes.
    NB : Contre-intuitivement, plus il y a d’antennes et moins il y a d’ondes.

Fréquences

Il faut distinguer les protocoles de communication des bandes de fréquence sur lesquelles ils peuvent être “branchés”. 3 bandes sont exploitables, avec des usages différents :

  • sur la bande 700 MHz : couverture d’un territoire rural ou péri-urbain étendu de 15 km et plus, par cellule. Cela pourrait par exemple permettre de couvrir les déserts territoriaux numériques où il est trop coûteux ou impossible d’amener la fibre (qui doit rester le média cardinal du haut débit pour les connexions non mobiles) avec le haut débit.
  • sur la bande 3,5 GHz : couverture d’un territoire urbain plus restreint de quelques centaines de mètres par cellule. Ces fréquences ne sont pas nouvelles, on les utilises depuis 15 ans pour le WiMax pour raccorder des foyers et entreprises pour lesquelles aucune autre alternative n’est viable. C’est cette bande de fréquence qui fait l’objet d’enchères en ce moment.
  • sur la bande 26–28 GHz : couverture d’un espace en intérieur de quelques dizaines de mètres par cellule.

Plus une fréquence est élevée, moins elle porte loin (à puissance d’émission égale) ; donc l’utilisation d’une bande de fréquence élevée nécessite d’installer davantage de cellules radio pour couvrir un même périmètre. Or, l’empreinte du numérique est majoritairement liée à la fabrication des équipements (et non à l’usage).

Plus une fréquence oscille vite, plus elle a la capacité de passer un débit élevé. Il en est de même lorsque l’on accroît la largeur de bande exploitée.

Pertinence de la couverture 5G en intérieur

D’autres pays comme Singapour ont choisi de confier aux gérants des lieux recevant du public en grand nombre (stades, gares…) la responsabilité de fournir une connexion de qualité (wifi, fibre). Le choix de confier ce service aux opérateurs nationaux via une couverture mobile n’est pas une fatalité, et peut être remis en question.

Ceci est d’autant plus important que les travaux de rénovation thermique des bâtiments, chantier essentiel de la transition énergétique et climatique, impactent la qualité de réception des portables en intérieur.

“Isoler” un bâtiment revient à le rendre plus imperméable à toute forme de rayonnement, y compris à ceux de la téléphonie mobile. Cela peut conduire, pour des questions de “qualité de service”, à percer des trous dans des enveloppes thermiques toutes neuves et à augmenter le niveau de puissance d’émission des antennes pour que les gens puissent téléphoner de chez eux avec leur portable. Il serait donc judicieux de réfléchir à la pertinence d’offrir un service de télécommunications adapté aux usages mobiles pour les usages en intérieur, et de faire dialoguer les acteurs des infrastructures télécom et ceux de la rénovation thermique.

Liste des divers protocoles de connexion

  • Edge, 2G, 3G, 4G
  • 5G
  • Wimax
  • LPWAN (Low Power Wide Area Network) : LoRa/Lorawan, Bluetooth ou 0G (développée par Sigfox depuis longtemps)
  • Wimesh
  • La fibre (à ce jour la connexion la plus efficace, c’est-à-dire la moins gourmande en ressource).

Déploiement de la 5G : qui décide quoi, comment ?

Le choix d’utiliser le protocole de la 5G ou non s’opère au niveau des opérateurs. En revanche, la décision de déployer la 5G sur le territoire est politique.

2 grands comités de normalisation internationaux se livrent à une concurrence de protocoles depuis plusieurs décennies sur les marchés i/ des réseaux locaux des bâtiments et ii/ des réseaux étendus des territoires :

  • L’ITU (International Telecommunications Union)
  • l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers)

Cela génère des effets de bord regrettables : multiplication des protocoles non-interopérables, donc des interfaces de communication (et donc de prélèvements de ressources et de consommation d’énergie), accélération de l’obsolescence des produits, augmentation de la complexité.

L’encadrement de ce déploiement incombe au régulateur (ARCEP & Etat). Cela concerne par exemple : le choix des bandes de fréquence d’exploitation de la 5G, le nombre de licences accordées, le calendrier du déploiement, la gestion des appels d’offre, la communication grand public, la consultation des parties prenantes…

Empreinte écologique et usages

L’empreinte carbone du numérique est difficile à mesurer — sujet à controverse. Mais il y a un consensus sur 2 points :

  • La majorité de l’empreinte est liée à la phase de fabrication des terminaux (de 50 à 90 % en fonction des équipements). Le numérique est donc loin d’être une industrie dématérialisée. Il importe de mutualiser au maximum les équipements et de prolonger leur durée d’utilisation.
    NB : ce qui est vrai des terminaux ne l’est pas forcément des serveurs, pour lesquels la phase d’utilisation pourrait représenter la majorité de l’empreinte (voir p.22).
  • Si l’effet rebond n’est pas une fatalité, toutes choses étant égales par ailleurs, il est extrêmement probable qu’il survienne.
    NB : l’effet rebond décrit l’annulation des gains de performance d’une innovation par l’augmentation des usages, et la hausse de la consommation d’énergie finale par rapport à la situation initiale.

En l’absence d’encadrement des pratiques, la 5G va certainement entraîner une hausse de la consommation.

La régulation en vue de la sobriété (diminution des émissions finales) doit toucher en premier lieu les éditeurs de service, pas les usagers.

Parmi les usages identifiés de la 5G “à forte valeur sociale” annoncés pour le court ou moyen terme figurent : la téléchirurgie de précision, la robotisation de procédés industriels ou le déploiement d’objets connectés. Or, aucun de ces usages ne nécessite la couverture complète du territoire par la 5G. Ils sont tous déjà possibles avec les technologies existantes.

L’auto-régulation est-elle possible ?… Lors d’une séance, nous avons coupé nos caméras, afin de privilégier la voix. Et l’un d’entre nous de déclarer que cela illustrait notre capacité à nous auto-réguler. Mais un autre a alors justement remarqué que c’était plutôt, au contraire, la démonstration que l’on n’adopte des comportements vertueux que lorsqu’on est poussé par des limites de débit. Autrement dit : si nous avions tous eu un excellent débit permettant d’avoir à la fois un son et une image de qualité, nous aurions probablement gardé nos caméras allumées pour plus de convivialité.

Actuellement, aucune mutualisation des équipements n’est prévue : l’attribution de 2 licences uniquement plutôt que 4 serait un bon début.

Autres considérations

Les pros des télécoms /réseaux et les pros du “digital” (le web) se parlent très (trop) peu. Les professionnels du web notamment, sont rarement conscients des réalités des infrastructures réseaux qui sous-tendent toute leur activité.

Le déploiement des réseaux bénéficie de millions de subventions publiques (ce qui pourrait expliquer la volonté affichée de SFR et Bouygues, plus tôt dans l’année, de retarder le calendrier d’attribution des enchères).

Ancrage territorial

Le déploiement de la 5G a des implications très concrètes sur les territoires : dialogue citoyen et conditions d’implantation des antennes, attentes en matière de mutualisation des infrastructures, craintes des populations relatives à l’impact sanitaire, encadrement insuffisant de l’implantation des antennes de faible puissance (cadre européen — pas d’autorisation préalable, pas de recensement dans le cadre de l’observatoire de l’ANFR)…

Nous remercions Laurent Deslattes, Hugues Ferreboeuf, Gilles Genin et Jérôme Nicolle pour les éléments complémentaires partagés par écrit réutilisés ici.

Bibliographie

Dossiers dédiés

Analyses plutôt en faveur

Analyses plutôt contre (ou pour la prudence)

Innovation, aménagements d’infrastructures et écologie

Empreinte écologique du numérique

Numérique éco-responsable

Liste de ressources et des acteurs de l’écosystème, Richard Hanna (ouverte à contribution)

Souveraineté et stratégie numériques

Interview vidéo — La souveraineté numérique, Tariq Krim et Bernard Benhamou, Thinkerview (juil 2020), dont extraits choisis :

  • “L’expertise elle est là, mais les gens qu’ont l’expertise, c’est jamais eux qui décident.” T. Krim
  • “Il y a eu des technocrates éclairés hein ! Mais là on est plutôt dans le modèle : “on a vu une présentation de Google (et c’est vrai que c’est très beau, hein) : c’est ÇA qu’il faut faire.” T. Krim
  • “Une fois que la guerre [économique] est perdue, autant faire alliance avec les vainqueurs. C’est une triste résignation, une molle résignation de certains — y compris au sein de l’Etat.” B. Benhamou

Tribune — “Pour une France numérique plus verte et plus responsable”, Nicolas Brien, Arnaud de Bermingham et Yann Léchelle, L’Obs (juil 2020) ; version anglaise co-signée par 30 professionnels du secteur. Extrait choisi :

  • “Les choix effectués aujourd’hui pèseront longtemps sur notre industrie numérique et sur notre environnement.”

Pétition — “Une vraie stratégie numérique pour la France — nomination ARCET et 5G”, les numéristes atterrés (oct 2020)

Impact sanitaire (pour info)

Rapport gouvernemental — Déploiement de la 5G en France et dans le monde : aspects techniques et sanitaires (sept 2020)

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